Teams semble déjà une réussite pour Microsoft qui annonce 320 000 entreprises utilisatrices à fin septembre 2018. La plateforme collaborative intégrée à Office 365 connaitrait l’adoption la plus rapide pour une application du géant de Redmond. Qu’en est-il vraiment sur le terrain ?

Teams concurrence clairement Slack qui affiche de son côté 8 millions d’utilisateurs quotidiens et envisage son entrée en bourse en 2019 selon le Wall Street Journal du 29/09/18.  Microsoft ne communique pas de chiffres sur le nombre d’utilisateurs quotidien et il est vrai que Teams étant fourni avec la suite Office 365 ou accessible gratuitement, il est plus facile de s’en tenir au nombre d’entreprises.

Teams : la réalité sur le terrain

Au-delà de ces chiffres, nous constatons sur le terrain un accroissement de l’intérêt pour Teams dans les entreprises et une acceptation plus ou moins aisée des utilisateurs. Ces derniers voient rapidement l’intérêt pour la gestion de leurs projets ou la communication au sein d’un service.

Les professionnels apprécient l’ouverture aux autres logiciels Microsoft ou non, y compris Slack. Il y a plus de 150 connecteurs disponibles à ce jour.

Comment expliquer la progression de Teams ?

Après avoir lancé SharePoint au début des années 2000 et essayé différentes façons de gérer le Front Office avec SharePoint Online, les sites d’équipes ou les groupes Outlook, Microsoft est peut-être en train de réussir un tour de force. Il compte imposer Teams comme un outil généraliste de collaboration, l’équivalent de ce que Outlook est devenu pour les e-mails. Aujourd’hui, Outlook possède 70 % de part de marché mondiale dans les messageries professionnelles.

De nombreuses organisations ont souscrit à Office 365 car elles obtenaient un retour sur investissement sur le service de messagerie. Ensuite elles découvraient les possibilités du collaboratif. Désormais, Microsoft a converti plus de 30 % de sa clientèle Exchange au collaboratif ?. Ce sont donc des millions d’utilisateurs qui vont découvrir le potentiel des services collaboratifs d’Office 365 et de Teams dans les années à venir.

Qui sont les utilisateurs des logiciels collaboratifs ?

Depuis une dizaine d’années que les outils collaboratifs se développent, j’ai rencontré deux grands types d’utilisateurs : les early adopters et les suiveurs.

Les early adopters sont souvent des startups, des freelances, des prestataires en technologies informatiques (parfois fans de la marque à la pomme et/ou de l’open source). En général, cette dernière sphère n’est d’ailleurs pas tendre avec Microsoft.

Les suiveurs le sont soit parce que leur métier présente moins d’enjeu de réactivité ou bien car la « lourdeur » de leur organisation les oblige à suivre le choix corporate et attendre tranquillement ou impatiemment les évolutions logicielles.

Que vaut Microsoft Teams réellement ?

Certes, Teams n’est pas encore parfait notamment pour le temps de réponse moyen et la simplicité d’usage : proposer d’ouvrir un fichier dans Teams, Office Online ou le Pack Office constituent beaucoup d’options pour un utilisateur courant. Néanmoins le parti-pris en termes d’ouverture sur l’extérieur et la simplification de l’identification (je peux vous inviter avec votre adresse Gmail 🙂) est porteur.

La récente conférence Ignite qui vient de se clore à Orlando confirme des annonces majeures : chat et partage d’écran sans passer par Skype, gestion d’emploi du temps, spécialisations verticales dans la santé après l’éducation, synchronisation des fichiers entre Teams et son PC (à la mode OneDrive). Fort de sa base installée sur Office 365, elle-même en progression constante, l’éditeur va dérouler sa roadmap en rencontrant peu d’obstacle.

L’avantage pour les utilisateurs ? Bénéficier d’un environnement presque universel comme le Pack Office l’est devenu ces dernières années. Bien évidemment la concurrence de Google, IBM et des éditeurs spécialisés est salutaire pour challenger Microsoft. Sans Slack, Microsoft aurait-il inventé Teams ?

Microsoft Teams : l’adopter ou pas ?

Microsoft doit donner de la visibilité et générer de la confiance afin que les utilisateurs de ses logiciels sachent s’ils peuvent s’investir réellement et ne pas se retrouver dans des culs-de-sac comme les groupes Outlook pourtant prometteurs au départ.

Le maintien de l’ouverture aux autres logiciels est également fondamental car, à côté d’un écosystème d’utilisateurs suiveurs (ceci n’est pas péjoratif), subsistera un écosystème d’early adopters plus à l’avant-garde. Les deux pourront travailler ensemble : je gère mes projets dans Teams mais j’y expose les tickets de mon prestataire via le connecteur de Trello ou un planning de projet géré dans SmartSheet.

Dans une entreprise de services avec une culture startup, on sera plus à l’aise avec Slack, Evernote, Gmail etc.

Personnellement, je préconise Teams dans beaucoup d’entreprises lorsque cela correspond à la culture et en particulier si elles sont déjà utilisatrices d’Office 365. Dans ce cas pourquoi chercher un autre outil ? Les fonctions de collaborations sont là. L’intégration à Office 365 est bonne bien que perfectible (la roadmap est connue). L’ouverture est présente avec les connecteurs et le besoin en entreprise est réel.

 

 

Hervé Bebin Kairos Transformation TeamsQuelques mots pour me situer

Hervé BEBIN, créateur d’entreprises IT, consultant depuis 2003 et aujourd’hui manager de transformation, je suis également éditeur d’une plateforme d’accompagnement au changement Kairos Transformation.

J’ai travaillé sur les suites collaboratives Google Suite et Office 365 dès leur mise sur le marché. J’ai analysé et testé presque tous les Réseaux Sociaux d’Entreprises (RSE) disponibles et conduit de nombreuses missions opérationnelles sur l’évolution du système d’information dans les entreprises.

Je préconise d’accompagner le changement par les usages et les processus, et non par les outils. Le prochain webinar de Kairos Transformation sur l’accompagnement du changement aura lieu le 19 octobre et prendra comme exemple “Le déploiement de Microsotf Teams”.

Vous êtes les bienvenus : cliquer pour vous inscrire à notre prochain webinar.

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